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Étude du bâti - 33 - L’Écurie de l’Écu

La situation de l’Écurie de l’Écu

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Située à l’est de la cour, l’Écurie de l’Écu occupe une position essentielle dans l’organisation de l’ancien Relais de Poste Royal de La Ferté-Beauharnais. Les premières observations pouvaient laisser penser que l’écurie était encadrée par deux petits logis. Toutefois, la lecture croisée du cadastre napoléonien et de l’acte notarié de 1830 permet aujourd’hui de préciser cette interprétation : au nord-est, il s’agirait plutôt d’un garage accompagné d’une petite écurie ; au sud-ouest, le bâtiment appartient à l’ensemble de la forge, comprenant trois chambres, dont l’une pourrait correspondre à l’ancienne forge transformée en simple chambre.

L’Écurie de l’Écu se trouve sur le côté Est de la cour du Relais de Poste Royal. Elle forme un long ensemble bâti organisé autour d’un espace central d’environ 90 m², vraisemblablement destiné à l’accueil, au soin et au remplacement des chevaux.

Sa situation est particulièrement logique dans le fonctionnement d’un relais. Les chevaux devaient pouvoir être conduits rapidement depuis la cour jusqu’à l’écurie, puis être nourris, entretenus ou remplacés avant le départ d’un nouvel attelage.


Un espace central réservé aux chevaux

La partie principale occupe le centre de l’ensemble. Ses dimensions et ses larges ouvertures correspondent à une fonction d’écurie ou de remise liée aux chevaux et aux équipements du relais.

L’étude détaillée du bâtiment devra permettre de rechercher d’éventuels indices de son ancienne utilisation :

- traces de mangeoires ou de râteliers ;
- anneaux d’attache ;
- évacuations anciennes ;
- organisation des sols ;
- séparations entre les emplacements ;
- ouvertures destinées à la ventilation ;
- passages vers la cour et les bâtiments voisins.


À ce stade, la fonction équestre de l’espace central paraît cohérente avec la configuration du site, mais elle devra être confirmée par l’observation du bâti et, si possible, par les archives.

Deux petits bâtiments encadrant l’écurie

L’écurie est encadrée par deux constructions de dimensions plus modestes. Toutes deux possèdent ou ont possédé une cheminée, ce qui indique qu’elles étaient probablement chauffées et pouvaient donc servir de lieux d’habitation ou de travail.

Il pourrait s’agir de logis destinés aux courriers ou aux personnels du relais. Les courriers, postillons ou responsables des chevaux avaient en effet intérêt à loger à proximité immédiate de l’écurie afin de pouvoir intervenir rapidement.

Cette interprétation demeure cependant une hypothèse. Aucun document retrouvé jusqu’à présent ne permet encore d’identifier avec certitude la fonction de ces deux petits bâtiments.

Le bâtiment nord-est : garage et petite écurie Dans une première lecture, le bâtiment situé au nord-est de l’écurie pouvait être interprété comme un petit logis, notamment en raison des remaniements visibles et de sa transformation plus récente en logement. Cependant, l’acte de 1830 conduit à revoir cette hypothèse. À l’origine, cette partie de l’ensemble semble correspondre non pas à un logis, mais à un garage et à une petite écurie. Le terme « garage » doit ici être compris dans son sens ancien de remise ou d’abri pour les voitures, charrettes ou équipements liés aux attelages. Il ne s’agit évidemment pas d’un garage automobile, mais d’un espace destiné au stationnement, au rangement ou à la protection du matériel roulant du relais. Cette lecture est cohérente avec la position du bâtiment, situé à proximité immédiate de la grande écurie et de la cour. L’ensemble formait probablement un secteur de service lié aux chevaux, aux voitures et aux déplacements.


Un bâtiment fortement remanié au XXe siècle Le bâtiment nord-est a été fortement transformé, vraisemblablement autour des années 1950.

Une structure maçonnée a été réalisée devant ou autour d’une partie de la construction ancienne. Cette intervention a pu avoir plusieurs objectifs :

- rigidifier une structure devenue fragile ;
- protéger les pans de bois ;
- améliorer l’isolation ;
- transformer le bâtiment en logement ;
- modifier sa façade et ses ouvertures.


Cette transformation récente a pu brouiller la lecture de la fonction initiale. Ce qui apparaît aujourd’hui comme un logement remanié pourrait donc correspondre, dans l’organisation ancienne du relais, à une partie technique associant remise et petite écurie.

L’étude du bâtiment devra désormais chercher à distinguer les éléments d’origine des reprises du XXe siècle : maçonneries ajoutées, anciennes ouvertures, traces d’accès, niveaux de sols, structures de pans de bois et éventuels vestiges liés à l’usage équestre.


Le bâtiment donnant directement sur la rue

Le bâtiment sud-ouest : un ensemble rattaché à la forge Le bâtiment donnant directement sur la rue, situé au sud-ouest de l’écurie, ne possède pas d’accès direct évident vers l’intérieur de la grande écurie. Son entrée principale donne sur la rue, ce qui indiquait déjà une fonction différente de celle des bâtiments strictement liés aux chevaux.
L’étude du cadastre napoléonien de 1813 permet toutefois de préciser son rattachement. Sur ce document, le bâtiment donnant sur la rue apparaît intégré à l’ensemble correspondant à la forge. Sa position, son accès indépendant et sa continuité avec les bâtiments de la forge ne relèvent donc probablement pas d’un simple voisinage.

La lecture du cadastre napoléonien permettait de le rattacher à l’ensemble de la forge. L’acte de 1830 renforce cette interprétation : cette partie doit désormais être considérée comme appartenant à l’ensemble de la forge.

Cet ensemble comprendrait trois chambres. Dans le vocabulaire des actes anciens, le mot « chambre » désigne généralement une pièce habitable, souvent caractérisée par la présence d’une cheminée. Il ne faut donc pas nécessairement comprendre ces chambres comme de simples chambres à coucher au sens actuel, mais comme des pièces chauffées et habitables.

Une ancienne forge transformée en chambre ? L’une de ces trois chambres pourrait correspondre à l’ancienne forge elle-même, qui aurait été réhabilitée ou transformée en simple chambre. Cette hypothèse est importante, car elle montre l’évolution de l’usage des bâtiments après la perte de la fonction originelle du relais. Lorsque l’activité de relais de poste royal décline, certains espaces techniques ou artisanaux peuvent être adaptés à de nouveaux usages : logement, location, hôtellerie ou habitation de service. La forge, autrefois indispensable à l’entretien des chevaux, des fers, des outils et des attelages, aurait ainsi pu perdre sa fonction première avant d’être intégrée à un ensemble habitable. Cette transformation expliquerait la présence de plusieurs chambres dans le secteur sud-ouest, tout en conservant le rattachement historique de cette partie à l’activité de forge.

Un ensemble à étudier dans sa totalité


L’Écurie de l’Écu ne doit pas être étudiée comme un bâtiment isolé. Elle appartient à un ensemble plus vaste comprenant notamment :

- la cour du relais ;
- les bâtiments destinés aux chevaux ;
- les logements de service ;
- la forge ;
- les remises et dépendances ;
- les accès depuis la rue.


La relation entre l’écurie, la forge et les deux petits logis pourrait permettre de mieux comprendre l’organisation quotidienne du relais. Les chevaux nécessitaient en effet la présence permanente de plusieurs métiers : palefreniers, postillons, courriers, maréchal-ferrant ou forgeron.

Les prochaines recherches porteront donc sur l’analyse des maçonneries, des pans de bois, des cheminées, des accès et des transformations successives. Les archives cadastrales, les actes anciens et les témoignages locaux pourront peut-être préciser la fonction réelle de chaque partie.

Une nouvelle lecture de l’ensemble Ces nouvelles informations permettent de corriger l’interprétation initiale de l’écurie. La première hypothèse proposait de voir l’écurie comme un espace central encadré par deux petits logis. Cette lecture reste compréhensible à partir de l’état actuel du bâti, mais elle doit maintenant être remplacée par une organisation plus fonctionnelle. L’ensemble peut désormais être lu ainsi : - au centre : la grande écurie, d’environ 90 m² ; - au nord-est : un garage ou une remise, associé à une petite écurie ; - au sud-ouest : l’ensemble de la forge, comprenant trois chambres ; - au centre de cet ensemble sud-ouest : une chambre pouvant correspondre à l’ancienne forge transformée. Cette organisation paraît beaucoup plus cohérente avec le fonctionnement d’un relais : les chevaux, les voitures, les outils, les fers et les personnels spécialisés étaient regroupés dans un même secteur de service, directement connecté à la cour et aux accès.

Une adaptation après la fin du relais royal Cette nouvelle lecture doit aussi être replacée dans l’histoire générale du site. Le relais ayant perdu sa qualification royale en 1756, à la suite d’un changement de route, son fonctionnement originel a progressivement disparu. La baisse des passages, l’arrêt des subventions et la réduction de l’activité liée au courrier ont probablement entraîné une réaffectation des bâtiments. Les espaces techniques ont alors pu être transformés, divisés ou adaptés à d’autres besoins : - logement ; - hôtellerie ; - location ; - exploitation agricole ; - remise ; - stockage ; - habitation de service. Dans ce contexte, la transformation d’une forge en chambre, ou d’un garage et d’une petite écurie en logement remanié au XXe siècle, s’inscrit dans une évolution logique du site.

Conclusion

L’Écurie de l’Écu conserve une place essentielle dans la compréhension du Relais de Poste Royal de La Ferté-Beauharnais. Toutefois, les nouvelles informations issues de l’acte de 1830 permettent de modifier l’interprétation initiale.

Le bâtiment nord-est ne doit plus être considéré comme un simple logis possible de courrier ou de personnel. Il semble correspondre à l’origine à un garage et à une petite écurie, ensuite fortement remaniés et transformés.

Le bâtiment sud-ouest, donnant sur la rue, reste quant à lui rattaché à l’ensemble de la forge. Cet ensemble comprenait trois chambres, dont l’une pourrait correspondre à l’ancienne forge elle-même, réhabilitée en pièce habitable.

Ainsi, l’écurie ne doit pas être lue comme un bâtiment isolé, mais comme le cœur d’un secteur de service associant chevaux, voitures, forge, remises et espaces habitables. Cette nouvelle lecture renforce l’idée d’un relais organisé, fonctionnel et progressivement adapté après la disparition de son rôle postal royal.