Parmi les documents retrouvés, un acte notarié de partage d’ascendant daté de 1830 constitue l’une des sources les plus importantes pour comprendre l’utilisation des bâtiments du relais au début du XIXᵉ siècle.
Le document décrit les différentes constructions composant la propriété, leur disposition autour de la cour ainsi que leur fonction. Il permet ainsi de dépasser les seules observations architecturales actuelles et de proposer une restitution plus précise de l’organisation du site.
Une vérification de la date exacte inscrite sur l’acte reste néanmoins nécessaire : la mention « 30 février 1830 » ne peut pas correspondre à une date réelle, le mois de février ne comportant jamais trente jours. La couverture du document semble plutôt porter une date de janvier 1830.
Le bâtiment principal à l’ouestLe bâtiment principal se trouve sur le côté ouest de la cour.
L’acte indique qu’il était composé de six chambres. Il comprenait également :
- le porche principal donnant accès à la cour ;
- une galerie ;
- un escalier desservant le bâtiment « de fond en comble » ;
- une tourelle située au nord ;
- des espaces aménagés depuis le premier étage jusqu’aux combles.
La mention d’un escalier desservant l’ensemble des niveaux montre que ce bâtiment possédait une organisation verticale importante. La tourelle nord devait probablement accompagner cette circulation ou desservir une partie particulière du logis.
À cette époque, le mot chambre ne désignait pas nécessairement une simple chambre à coucher. Dans les actes anciens, il pouvait désigner une pièce habitable, notamment lorsqu’elle était pourvue d’une cheminée.
Hormis les trois petites chambres situées au sud de la cour, les autres chambres semblent avoir présenté des surfaces importantes, estimées aujourd’hui à environ 45 m² chacune.
L’étable et la grange au nordDans le prolongement nord du bâtiment principal se trouvaient :
- une étable ;
- une grange.
Ces deux bâtiments témoignent de l’importance des activités agricoles dans le fonctionnement de l’ensemble.
L’étable servait vraisemblablement à accueillir les bovins ou les animaux liés à l’exploitation, tandis que la grange était destinée au stockage des récoltes, du foin, de la paille ou du matériel.
Cette présence montre que le relais ne se limitait pas à l’accueil des voyageurs et des chevaux. Il constituait également une exploitation disposant de ses propres bâtiments agricoles.
Les bâtiments en retour d’équerre à l’estEn retour d’équerre, sur le côté est de la cour, se trouvait un ensemble de dépendances comprenant notamment :
- une remise ou un garage ;
- une petite écurie ;
- la grande écurie.
Le terme moderne de « garage » doit ici être compris comme une remise destinée aux voitures, charrettes ou attelages, et non comme un garage automobile.
Le hangar pouvait servir à abriter :
- des voitures hippomobiles ;
- du matériel ;
- du fourrage ;
- des équipements nécessaires au relais.
La petite écurie et la grande écurie permettaient probablement de séparer les chevaux selon leur fonction, leur disponibilité ou leur état.
La grande écurie occupait ainsi une position centrale dans l’organisation du relais, en relation directe avec la cour, les remises et les logements de service.
Les trois petites chambres au sudAu sud de l’écurie se trouvaient trois petites chambres de plain-pied.
L’ensemble représentait environ 30 m², ce qui correspondrait à trois pièces de dimensions modestes.
Ces chambres pouvaient être destinées :
- aux postillons ;
- aux courriers ;
- aux palefreniers ;
- aux domestiques ;
- ou à d’autres personnels travaillant dans le relais.
Leur proximité immédiate avec les écuries rend plausible une utilisation par les personnes chargées des chevaux et des attelages.
Cependant, l’acte ne permet pas à lui seul d’identifier avec certitude leurs occupants.
Le porche et le bâtiment à étageL’ensemble comprenait également un second porche associé à un bâtiment d’un étage.
L’étage était accessible par un escalier et comprenait deux chambres.
Cette disposition laisse apparaître un bâtiment plus élaboré qu’une simple dépendance. Il pouvait s’agir :
- d’un logement de service ;
- d’un logement réservé à un responsable du relais ;
- de chambres destinées à des voyageurs ;
- ou d’une habitation liée à une activité artisanale voisine.
La présence de cheminées, si elle est confirmée dans ces pièces, renforce leur caractère habitable.
La notion de « chambre » dans l’acteDans ce type de document, la qualification de « chambre » semble être liée à la présence d’une cheminée.
Une pièce chauffée était généralement considérée comme habitable, contrairement aux espaces agricoles, aux remises, aux greniers ou aux bâtiments de stockage.
Cette distinction est importante pour comprendre la description du relais. Les six chambres du bâtiment principal et les autres chambres mentionnées dans les dépendances ne doivent donc pas être interprétées uniquement comme des chambres à coucher au sens actuel.
Elles pouvaient remplir plusieurs fonctions :
- séjour ;
- cuisine ;
- salle commune ;
- chambre ;
- logement de service ;
- pièce destinée à l’accueil.
L’acte de 1830 permet de restituer un ensemble structuré autour d’une cour centrale.
À l’ouest- le bâtiment principal ;
- les six chambres ;
- le porche d’entrée ;
- la galerie ;
- l’escalier ;
- la tourelle nord.
- l’étable ;
- la grange.
- le hangar ou la remise à voitures ;
- la petite écurie ;
- la grande écurie.
- les trois petites chambres de plain-pied ;
- le porche ;
- le bâtiment à étage ;
- les deux chambres accessibles par l’escalier.
Cette organisation révèle un ensemble où les fonctions d’habitation, d’accueil, d’agriculture, de circulation et de service étaient étroitement associées.
Un document essentiel pour la restitution du relaisCe partage d’ascendant constitue donc un témoignage majeur sur l’état du relais en 1830.
Il permet de préciser :
- le nombre de pièces habitables ;
- la disposition des bâtiments ;
- l’emplacement des dépendances ;
- l’importance des écuries ;
- la présence des bâtiments agricoles ;
- la répartition des logements autour de la cour.
La confrontation de cette description avec le cadastre napoléonien, les bâtiments encore conservés et les traces visibles dans les maçonneries permettra progressivement de restituer l’organisation du relais au début du XIXᵉ siècle.
ConclusionEn 1830, l’ensemble apparaît encore vaste et organisé, avec un bâtiment principal d’habitation, plusieurs chambres, des dépendances, des écuries, des remises, une grange et une étable. Toutefois, cette organisation ne correspond plus exactement au fonctionnement originel du Relais de Poste Royal.
Le relais avait perdu sa qualification royale en 1756, à la suite d’un changement d’itinéraire. Cette modification du réseau routier entraîna une diminution des passages, la disparition progressive du service du courrier et l’arrêt des subventions liées à l’activité postale.
Le site dut alors s’adapter à de nouvelles exigences de rentabilité. Les bâtiments autrefois réservés au fonctionnement du relais — logements du personnel, espaces de service, écuries et dépendances — furent progressivement réaffectés à des usages agricoles, artisanaux ou locatifs.
Dans ce contexte, les nombreuses mentions de « chambres » dans l’acte de 1830 semblent davantage correspondre à une activité d’hôtellerie ou de location qu’aux logements du personnel nécessaire à un relais de poste royal. La disparition de cette fonction officielle avait en effet réduit les besoins en courriers, postillons, palefreniers et autres employés permanents.
L’acte de 1830 témoigne donc d’une période de transition : le relais conserve encore son organisation architecturale autour de la cour, mais son usage a déjà évolué. D’ancien établissement postal et hôtelier subventionné, il devient progressivement un ensemble mixte associant hébergement, exploitation agricole, remises, écuries et activités artisanales.